J'ouvre une nouvelle catégorie : fait divers, où je parlerai de trucs que j'ai pu lire dans la presse ou bien dans un certain ouvrage apellé "les 1000 incontournables".
Je commence par ce court article lu dans "métro", le journal gratis qui est distribué devant le métro rennais depuis quelques semaines.
Lesbiennes à la une, en Inde (comment ça "ça m'étonne pas de toi !" è_é)
En Inde, les couples homosexuels risquent jusqu'à 10 ans de prison pour homosexualité. Gays et lesbiennes sont ridiculisés, victimes de discriminations au quotidien, de chantage et de persécution de la part des autorités, selon les organisations de défense des droits de l'homme. C'est encore plus dur pour les femmes, dont la condition est déjà difficile. D'après les estimations officielles, une femme est violée toutes les heures en Inde, une épouse brulée toutes les six heures dans une dispute concernant la dot, et 80% des avortements illégaux concernent des foetus féminins.
C'est dans ce contexte que Raju, 25 ans, et Mala, 22 ans, ont publiquement déclaré leur union et se sont présentées comme épouses, ce qui eur vaut la une des journaux. Non seulement Raju et Mala sont homosexuelles mais en outre Raju est une Dalit, une intouchable, une hors-caste.
En décembre, un mois avant le mariage prévu de Mala avec un homme, celle-ci s'est échappée de chez elle, à Amristsar dans le nord du pays, et s'est mariée en secret avec Raju, lors d'une cérémonie hindoue à New Delhi. Quand elles ont annoncé leur union, leurs familles les ont fait arrêter. Mais la justice a conclu qu'elles pouvaient vivre ensemble, le cas n'étant pas prévu par la loi. Un autre couple s'est fait connaître à Aroor, dans le Kerala, un Etat du sud. Une jeune femme de 26 ans, Mangala, était marié à Venu, un homme de 40 ans. Quand Mangala lui a révelé que depuis leur mariage, dix ans auparavant, elle fréquentait Ramlath, 23 ans. Venu a accepté d'épouser la maitresse de sa femme, ils vivent tout les trois ensemble.
Allez comme je me doute que vous ignorez quelque peu en quoi c'est d'autant plus grave que Raju soit une Dalit, voici quelques textes trouvés sur Internet :
On les appelait "intouchables", et c'est souvent sous ce nom, qui évoque si bien leur situation, qu'on parle d'eux chez nous. Mais eux-mêmes préfèrent s'appeler "dalits" (les "opprimés", les "brisés"), et c'est ce mot qui est aujourd'hui le plus souvent utilisé en Inde. Gandhi les appelait Harijans (" enfants de Dieu). Un autre terme, plus sociologique, indique mieux la cause de leur exclusion : ce sont des "hors-castes". Car ils ne font pas partie du système des castes, ce système complexe - 4 grandes castes, mais aussi des milliers de jati - qui structure toute la société indienne depuis des millénaires. Dès sa naissance, chacun fait partie d'une des quatre grandes castes : brahmines, kshatryas, vaishas, sudras. Rien ne lui permettra d'en changer jamais. Cette division est à la fois fonctionnelle - chacune de ces castes correspond à un type d'activité : prêtres, guerriers, artisans-marchands, agriculteurs - et religieuse. Ainsi exclus du corps social comme du corps symbolique, les "hors castes" ne sont pas vraiment considérés comme des humains. On leur réserve, traditionnellement, les tâches répugnantes, celles notamment qui sont sources d'impuretés rituelles : contacts avec les immondices (éboueurs), avec les cadavres d'animaux (équarrisseurs, tanneurs). Intouchables, ils le sont au sens littéral du mot parce que leur simple contact est "impur", au sens rituel du terme. Un brahmine qui, par accident, entre en contact direct ou indirect avec un intouchable (en buvant dans le même gobelet, par exemple) devra accomplir toute une série de rites de purification.
Telle est la situation des intouchables dans la société traditionnelle.
source : http://inde.espoir.csg.free.fr/intouchables.htm
Il existe en Inde près de 250 millions de personnes dont on peut impunément violer les droits : abus sexuels, travail obligatoire, privation de libertés et discriminations en tout genre sont, en effet, le lot quotidien des « intouchables », alors même que la constitution a interdit cette forme odieuse dapartheid en 1950.
A lheure actuelle, en Inde, il y a trois femmes Dalit violées chaque jour. Et, de même, deux personnes ayant eu la malchance de naître « hors-caste » sont tuées quotidiennement au nom de conditionnements vieux de plusieurs millénaires et que le pouvoir en place entend préserver. Régulièrement, les médias relatent les massacres de dizaines de Dalit perpétrés par les milices de quelques riches propriétaires. Mais la discrimination dont souffrent ces hommes, ces femmes et ces enfants - parce quune large part de la population les considère comme véritablement impurs -imprègne les circonstances les plus banales de leur vie : impossibilité dentrer dans les temples hindouistes ou dutiliser le puits communal, obligation de consommer le thé ou le café dans des gobelets particuliers, relégation de leurs enfants au fond de la classe... En somme, une multitude dhumiliations ordinaires préfigurant de plus grands crimes comme la prostitution forcée des fillettes et lesclavage généralisé des enfants Dalit.
source : http://www.fraternet.com/magazine/inf24_02.htm

